L’illusion de la forme : ce que l’on voit versus ce qui est
L’autre jour, en coaching, un retour m'a inspiré, voila la suite du "...blocage sur la forme."
J’ai laissé ces mots résonner, et j’ai vu à quel point nous sommes tous, sans cesse, piégés par la forme des choses.
Ce que nous voyons.
Ce que nous croyons comprendre.
Ce que nous jugeons sur l’apparence avant même d’en saisir l’essence.
L’éternel malentendu de la forme.
On croise quelqu’un et, en un instant, on pense savoir :
"Il est trop bruyant, il cherche à attirer l’attention." (Alors qu’il cache une immense solitude.)
"Elle est froide et distante." (Alors qu’elle se protège, hypersensible au monde.)
"Il est trop sérieux, il manque de légèreté." (Alors qu’il porte un poids que personne ne voit.)
On regarde un corps et on croit deviner une histoire :
"Elle est trop grosse, elle mange trop" (Et si son métabolisme ou d'autres mécanismes internes étaient en jeu ?)
"Il est trop maigre, il doit être malade." (Et s’il était simplement dans un équilibre qui ne correspond pas à nos attentes ?)
"Ce n’est pas une femme, ce n’est pas un homme." (A quel titre ?)
La forme nous trompe, tout le temps.
Parce qu’elle n’est que l’écorce d’un contenu que l’on ne prend pas le temps de découvrir.
Parce qu’on se fie aux mots, aux gestes, aux silences, sans chercher à comprendre l’histoire qu’ils portent.
Et ce qui est fascinant, c’est que nous-mêmes nous nous y enfermons.
On s’empêche d’oser, par peur de ne pas correspondre.
On façonne un masque, un personnage, pour éviter d’être jugé sur ce que nous sommes réellement.
On doute de notre légitimité, parce qu’on n’a pas "la bonne posture", "la bonne façon d’être", "le bon ton"…
Et si on arrêtait d’être dupes ?
Si nous apprenions à écouter au-delà de la forme ?
À entendre ce que l’autre veut dire, plutôt que la manière dont il le dit.
À voir la richesse d’une personne, au-delà de la maladresse de son expression.
À comprendre que la beauté d’un être n’a rien à voir avec l’image qu’il projette, mais avec l’intensité de qui il est.
Et si nous cessions aussi de nous juger nous-mêmes à travers ce prisme déformant ?
J’en reviens à cette rivière dont je parlais hier… Elle ne se soucie pas de son apparence, de la forme de ses méandres, de la manière dont elle est perçue. Elle coule, elle suit son élan, elle traverse la vie.
Aujourd’hui, je choisis d’être cette rivière.
D’avancer sans chercher à correspondre.
De voir au-delà de la forme.
Et toi, as-tu déjà senti à quel point la forme pouvait être une illusion ? À quel point elle te limitait ou t’aveuglait sur les autres ?

Valérie Scala
Guadeloupe
French West Indies
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